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14 février 2017
Eric Bernard

Les usages 2016 d’Internet en Haïti

Durant le premier semestre 2016, un formulaire en ligne avait été rendu disponible, présentant une vingtaine de questions sur l’usage d’Internet et des médias sociaux en Haïti. Plus précisément, cela concernait les Haïtiens présents sur le territoire, ceux vivant à l’étranger et les étrangers résidents sur le territoire Haïtien.

Pour cette première édition, dont les résultats sont désormais en ligne, environ 300 personnes ont participé.

Réalisée conjointement par Mesodev et le Réseau des Blogueurs d’Haïti (RBH), cette enquête avait pour but de donner un premier aperçu de l’usage d’Internet en Haïti. Comme pour beaucoup de pays, il n’existe pratiquement aucun chiffre sur ces usages, du moins aucun accès public à ces chiffres, qui bien sûr existent quelques part sur les serveurs de Google, Twitter ou Facebook.

Or, il est impossible de développer une stratégie en matière de communication (qu’il s’agisse d’une stratégie individuelle pour de la recherche d’emploi par exemple, d’une stratégie d’organisation ou d’entreprise, ou encore d’une stratégie gouvernementale) si on sait pas à qui on s’adresse. Pourquoi investir du temps et de l’argent sur Instagram quand on ne sait même pas qui l’utilise en Haïti et comment ? Pourquoi être présent sur LinkedIn s’il n’y a pas d’offres d’emploi sur le territoire, si les entreprises haïtiennes n’y sont pas ou simplement s’il n’y a pas d’actualité économique pertinente sur cet outil ?

Inversement, ne pas se préoccuper de ces outils dans sa communication, comme le font de trop nombreuses organisations encore aujourd’hui, est une perte d’opportunité. Ainsi, vouloir toucher les jeunes et ne pas utiliser Instagram ou Youtube est une perte d’opportunité.

Disposer de chiffres sur les technologies de l’information et de la communication, même si ces chiffres ne représentent que des tendances (ce que l’on peut espérer de mieux dans un secteur qui évolue tous les jours) n’est pas un atout mais une nécessité.

La restitution de cette première édition de cette enquête, réalisée entièrement bénévolement et sans aucun partenaire, s’est faite lundi 13 février 2017 à l’Institut Français en Haïti, devant une quarantaine de présents, journalistes, organisations internationales, structures privées.

Savoir que Facebook et Whatsapp sont les deux médias sociaux principalement utilisés en Haïti n’est pas un scoop, même s’il est toujours mieux d’en avoir une confirmation que de se laisser guider par l’intime conviction de chacun. Savoir que parmi les 18% de blogueurs, seulement 1 blogueur sur 10 est une femme est plus utile pour imaginer des activités de correction de ce déséquilibre. De même, le fait que LinkedIn, en Haïti, soit utilisé bien plus par les étrangers que par les citoyens Haïtiens devrait interpeller le secteur de l’emploi.

Au delà de la photographie à l’instant T des usages d’Internet en Haïti, cette enquête devrait également servir de base à une analyse dans le temps. Comment évoluent ces pratiques ? De nouveaux outils émergent-ils ? Les préoccupations des Haïtiens vis-à-vis d’Internet seront-elles toujours les mêmes, alors que le secteur aura fortement changé dans quelques années ?

C’est pourquoi cette enquête devrait être renouvelée tous les deux ans avec plus de participants, plus de questions, plus de tris croisés sur les réponses, plus de moyens techniques (en matière de graphisme ou d’outils statistiques par exemple), plus d’usage concret de ces résultats et plus de partenaires.

Un journaliste me demandait lors de la restitution quelles étaient les principales recommandations de l’enquête. Si cette enquête peut éveiller l’intérêt de l’ensemble des acteurs sur la nécessité de disposer de données concrètes pour faire évoluer les pratiques, nous aurons réussi notre action. L’enquête, dans sa version actuelle en tout cas, n’a pas la prétention de fournir des recommandations nationales sur le développement d’Internet. Elle a par contre la prétention de démontrer qu’il ne suffit pas de faire, mais qu’il faut également analyser ce qui est fait, partir des usages et non seulement des techniques, se pencher sur la demande et pas seulement sur l’offre.

Ne doutons pas que la prochaine édition (2018 ?) de cette enquête sera un vrai succès.

Le rapport d’enquête est publiquement disponible à la lecture et au téléchargement sur : http://bit.ly/InternetHaiti2016

Ils en parlent :
- Le Nouvelliste : Présentation d’une enquête sur l’utilisation de l’Internet, une première en Haïti
- Alterpresse : Plaidoyer en faveur de l’éducation aux médias, pour une utilisation responsable des technologies en Haïti

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Invitation : Restitution de l’enquête sur les usages d’Internet en Haïti 2016

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